Partir à la Campagne (suite)...

Partir à la Campagne (suite)...
L'hédonisme à quelques heures de vos aléas parisiens ; allons donc, venez vous réchauffer l'âme à l'abri des croquemitaines sans foi ni loi, de ceux qui ne veulent de vous à Paris ou ailleurs qu'asservissement et illégitimité du respect au bien vivre.

Dites non à la grandiloquence surfaite, dites oui au marivaudage franc et sincère avec un p'tit coin de paradis, j'ai nommé : « la bohème de derrière chez moi... ».
Mais chut, la tranquillité du lieu passe par la discrétion. Vous devrez avoir jeté tous vos vêtements de ville si vous voulez être adopté par les lutins et autres fées de la nature.

S'engager, c'est se dévoiler, laissez faire la magie, elle vous enchantera jusqu'à plus soif, jusqu'à l'ivresse injuste pour les uns, choquante pour les autres, mais tellement méritée pour vous, sachant que vous serez l'élu du ciel sur la terre.

Chapeau diront les anges même si... vous vous retrouvez sur la paille, celle qui écorche les fesses imprudentes...

Sur une botte de foin, refaire le monde et puis ne pas donner suite car n'est-ce pas plus important de succomber à la douce somnolence d'un après-midi d'été plutôt que de projeter son esprit sur les vicissitudes terrestres bien ennuyeuses ?
Si bien sûr ! Alors n'attendez plus, venez vous cacher au plus profond de la meule, cette niche nourricière vous emprisonnera le temps de vous parfaire à ne rien faire.

L'air jovial vous ira si bien, venez et ne repartez plus.

Les Huissiers ne venant pas jusqu'ici, vous serez à l'abri des tracasseries passées.
Voilà qui en ravira plus d'un... mais soyez gueux dans l'esprit, et tout ira pour le mieux... être.

# Posté le mercredi 09 novembre 2005 06:07

Modifié le vendredi 16 mai 2008 10:53

Mille Ans, An Mille...

Mille Ans, An Mille...
Après mille années de vie délictueuse, j'ai été invité à assister aux moissons de mes hôtes.

Ils m'ont prié pour cela et un peu lassé de me reposer sur mes lauriers, j'ai accepté de bonne grâce. J'ai ouvert un ½il, puis deux. Le troisième, pauvre de lui, Cyclopes me l'avait volé en plein sommeil. Qu'ils le gardent et s'en souillent la vue.

Mes hôtes donc, m'ont remercié et anobli, et ce avant tout travail. Je n'en ai pas cru mes yeux, ni mes oreilles. Me désigner comme bienfaiteur de leurs semailles m'avait déjà étonné mais que dire alors, lorsqu'ils me firent l'honneur de me désigner « époux de la moisson » ?

Curieux peuple que celui-ci ! Moi, j'étais venu jusqu'à eux pour me reposer mille années auprès de leurs muses, et parfois aussi, auprès de leurs Gorgones, et je dois dire que tout ce temps est passé trop vite, à vrai dire, aussi vite que lorsqu'une flèche d'or transperce les airs.

La cible étant peut être trop éloignée, ce qui importe n'est pas forcément la finalité, mais plutôt l'approche, voyez-vous ?

Les héros n'ont pas tous su viser au talon, question de talent mais aussi question de diplomatie... Ah oui, la diplomatie, la stratégie des faibles de la main ferme.

Ma position, désormais devenue privilégiée, m'autorise à détourner charrettes de blé et de raisins nobles vers mon ancienne région d'origine qui elle, souffre de trop peu, voire de si peu.

Sans le leur dire vraiment, j'encourage mes anciens frères et soeurs à la paresse, et s'il me plaît de le faire, je puis vous assurer que cela ne m'enchantera pas éternellement non plus.

A charge pour les démunis de se préoccuper de l'emprunt officiel ! C'est là, juste loi et même juste intérêt.

Combien de temps mes hôtes me feront-ils ainsi cet honneur de me prouver leurs bonnes intentions ? Je ne saurais le dire, les habitués des champs et des vignes, vous savez, se retournent toujours très vite vers leurs dieux quand la clémence du ciel n'est plus au rendez-vous.

C'est pourquoi, j'ai préventivement décidé de m'entourer d'une garde prétorienne affûtée, qui saura contenir toutes frustrations et autres colères acerbes, lorsque le jour viendra où ils évoqueront le déluge pour cause de malheur et voudront pour en chasser les effets, me faire épouvantail.

Mon Père m'a appris : « Donne à un ingrat, il te rendra à ses dires, injuste ! ».

# Posté le vendredi 11 novembre 2005 05:14

Modifié le vendredi 16 mai 2008 10:56

Mille Ans, An Mille...

Mille Ans, An Mille...
En attendant, je mange et je bois leurs fruits, leurs épis, leurs petits gibiers et je sollicite au détour de leurs allées et venues à la rivière, leurs femmes et jeunes filles sur les lieux même où elles travaillent.

Elles enfanteront sans doute, mais qui de quoi viendra-t-on me parler ? J'ai, comme elles, plaisir à prendre, qui peut s'offusquer de cela ? Les enfants trop faibles ou viciés seront disséminés aux régions de ma propre enfance, ils ne gêneront personne, surtout pas la lumière du jour.

C'est là, preuve de ma générosité à sauvegarder l'espèce heureuse.

Le Soleil luira tant que je serais là à trousser vos femmes et vos filles, à vous détrousser aussi en partie de vos récoltes mais est-ce bien raisonnable de votre part de garder plus qu'il n'en faut ? En retour, n'ai-je pas su vous apprendre à irriguer correctement vos champs ? N'ai-je pas su vous apprendre à affûter correctement vos outils ? Un prêté pour un rendu ou le contraire, je ne sais plus...

Bien voyons, si vous constatez les choses comme moi je les constate, vous en arriverez à la conclusion heureuse que je suis devenu une sorte de fils prodigue du soleil et le soleil luira de midi à minuit si je l'exige pour vous, sachez le, peuple de la terre.

Ce petit paradis terrestre me va comme un gant de velours, comptons sur la naïveté de ces gens pour que je puisse continuer à parfaire mes projets... Un Paradis plus grand, plus vaste et encore mieux exploité, celui-là, au Ciel le trouver et le placer.

Voilà qui ferait de moi, ancien quidam légionnaire de base, un provocateur déclaré à la bienséance, peut-être, mais n'aurais-je pas là, un sésame à présenter à Zeus Lui-Même pour lui signifier que la relève nécessaire est prête ? Aux sacrifices, substituons donc d'autres sacrifices, plus humains ceux là.

Ainsi, je vois les choses, ainsi je me suis métamorphosé, tel l'ignare en rhinocéros férocement obtus.

L'autre jour et pour la première fois depuis mille ans, j'ai vu passer au loin de lourds nuages noirs, j'espère que le Ciel puritain sait ce qu'il fait. Ma réaction contrariée fut de faire sonner trompettes ; ce qui me froisse est que le vent semblait contraire...

Bah, Zeus et acolytes sauront calculer la hauteur vide de leurs greniers et cesseront par conséquent de me taquiner.

# Posté le vendredi 11 novembre 2005 05:22

Modifié le vendredi 16 mai 2008 10:58

Mille Ans, An Mille...

Mille Ans, An Mille...
Ca ne sert à rien de gronder si c'est pour s'en excuser ensuite...
La pression atmosphérique dessert l'intérêt généralement admis dans les sous couches du Maître. Si rien n'est dit, rien ne sera reproché, comme le disait, le porte parole d'Eole.

Tiens, lui, je vais lui accorder une girouette, ça le détournera quelque peu de certaines Vérités trop communément admises.

Ca, c'est de l'esprit d'entreprise que les vieux philosophes égarés appelaient : « les vocations de l'échec ! ». Néanmoins, on se passera d'eux maintenant qu'ils sont rabougris et proie de quelques folies en leurs têtes déplaisantes, même à leurs défuntes mères.

J'embauche dans la débauche, vrai ! Mais soyez donc compatissants et oeuvrez donc, vous qui êtes assis là, à ne pas faire hommage à la terre de vos ancêtres, celle des francs finauds...

Ca jacasse, ça jacasse pour ne rien dire autour de moi ; ça agace, ça agace pour ne rien satisfaire autour de moi. Passez votre chemin, maudits servants. J'ai en garde la valeur de mon succès, comprenez, et tout ira bien pour vous, comme pour moi.

Dites-vous bien qu'un Jupiter en colère, jamais ne se leurre des mauvaises terres. Avis contraires, avis à extraire de certaines idées reçues.

Le Monde est ma folie, j'en profite.
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# Posté le vendredi 11 novembre 2005 05:25

Modifié le vendredi 16 mai 2008 13:29

Le Chevalier fantôme

Le Chevalier fantôme
J'ai besoin d'hommes forts, pétris de vaillance et accrochés à la Foi des valeurs anciennes.

J'ai besoin d'hommes forts, valeureux et aptes à combattre jours et nuits.

J'ai besoin d'hommes forts, exigeants mais trempés d'humilité.

J'ai besoin d'hommes forts, sachant, croyant à la réalité de l'oriflamme.

J'ai besoin d'hommes forts, voulant au combat mourir à toutes fins utiles.

« Nul n'aura plus à sa portée, que tout autre », voilà ce qui se disait au début de tout.

Déjà, dans les couloirs du temps, nous recrutions des âmes fortes et prêtes à beaucoup de sacrifices pour aider à l'évolution du bon sens commun admis sur terre.
Nous recrutions de futurs chevaliers à tour de bras, mais peu étaient finalement admis à représenter l'Esprit du Fils, la plupart ne voulant s'engager que pour satisfaire leur soif d'or facilement dérobé.

Nous recrutions les jeunes enfants pour qu'enfin devenus hommes, ils eussent pu devenir l'élite d'une nation. Nous avons recruté et formé les meilleurs, ceux qui, au-delà de la bravoure, avaient en eux, des qualités de moines ascètes. Des qualités à défendre la bonne piété.

Nous avons autrefois, recruté un jeune homme qui, devenu chevalier fantôme hanta tant les esprits, que nous dûmes lui rappeler que les couloirs du temps n'étaient en aucun cas un « no man's land » éternel. Ce chevalier mort lardé sur la route de Damas, croyant fidèle et massacreur d'infidèles eut la désagréable surprise de se trouver coincé dans un de ces couloirs...

Pris de sanglots et de remords d'avoir trop occis sur terre, il décida d'arpenter ces couloirs pour y terroriser les vrais ennemis de la Foi, non plus ceux qui lui barraient la route par le passé au nom d'un Allah finalement bien proche du sien, mais plutôt certains donneurs d'ordres, autrefois bien tapis dans leurs châteaux et manipulant à souhait l'honneur et la fidélité des preux.

Notre chevalier était bien en peine, mais déterminé à fendre l'âme de toute espèce d'homme impie, en route vers une quelconque destination d'après vie.
«On ne remplit sa mission que lorsque celle-ci a cours à la cour », se disait-on entre-nous ! Mais, un jour, les choses changent et la moisson du ciel étant terminée, il est nécessaire de rappeler tout le monde à la raison.
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# Posté le samedi 12 novembre 2005 12:51

Modifié le vendredi 16 mai 2008 11:00